Friday, 12 May 2017

Chinese public opinion on Islam

https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2017/05/12/anti-muslim-sentiment-is-on-the-rise-in-china-we-found-that-the-internet-fuels-and-fights-this/?utm_term=.a1834b31df18

Monday, 27 April 2015

Kufr or All-weathers friends ?

China has been lauded by Pakistani officialdom since at least the early 1960s, and particularly after the border conflict erupted between China and India in 1962. At the height of the Cold War, communist China's credentials were never questioned. Yet the also communist Soviet Union was demonised as the international sponsor of kufr. China is still run by a communist party, and everyone from the mullahs to the generals talk up its greatness. 

Should Pak bask in the glory of China’s aid?

Saturday, 25 April 2015

Gwadar Corridor going thru 3 troublesome areas




http://www.worldtribune.com/2015/04/24/new-china-pakistan-trade-corridor-from-gwadar-to-xinjiang-will-transform-region-but-how/

Friday, 24 April 2015

A Pakistani view on the recent deals between China and Pakistan

Doubts and afterthoughts of some Pakistanis about the Corridor from Xinjiang to Balutchistan :


http://www.dawn.com/news/1177806/living-in-denial#comments

Thursday, 23 April 2015

The Monotheist Parenthesis

Compared to the scale of our species history - some 3 millions of years - present day monotheism, after the definition it gives of itself - one God revealed to Abraham and a series of prophets, all Semitic - is a rather recent phénomenon, and of very short duration, some 3 000 years at the most since its still debated origins, and barely 2 000 years since it gained its global reach with the successive victories of Christianity and Islam. 

Indeed there is no written traces of any religious rite, behavior, attitude and faith before the 4th millenium BC - that means 6 000 years ago. And that is but the tip of an evolution that saw fire worship, the first monumental burying of the deceased, cave arts and megalithic tempels. 

Furthermore, that "evolution" is only manifest in a part of the world limited to the Middle-East, the Mediterranean, North Africa, Europe and most recently America - let's call it "the West" -  while the Far East and India remained faithful to their animist and polytheist traditions.

And it is that part of the world, that remained "pagan", that is becoming the epicentre or the engine of the world economy !If you read French go to my new  blog :

La parenthèse monothéiste :

laparenthesemonotheiste.blogspot.be


A l'échelle de l'histoire de l'humanité, quelque trois millions d'années au moins, le monothéisme contemporain d'après la/les définitions qu'il se donne – un seul Dieu révélé à Abraham et à une série de prophètes, tous sémites - représente un phénomène récent et surtout de très courte durée, quelque trois-mille ans au plus depuis ses origines encore débattues, 2000 ans depuis qu'il s'est affirmé universellement avec les victoires successives du christianisme puis de l'islam. En effet si les traces écrites des croyances, comportements et rituels religieux n'apparaissent pas avant le quatrième millénaire AEC, ce qui couvre donc les six derniers millénaires, elles ne font que couronner une centaine de millier d'années où la maîtrise du feu, la sépulture des défunts, la peinture rupestre et les arts monumentaux les plus anciens (mégalithes) représentent les seules traces de comportements éventuellement liés à ce que nous appelons "religion".


Hla Oo's Blog: Tony Abbott: ISIS A Death Cult Waging War On World...

Hla Oo's Blog: Tony Abbott: ISIS A Death Cult Waging War On World...: (Feature article direct from the YAHOO!7 NEWS on 25 September 2014.) Tony Abbott addressing UN on fighting ISIS. Prime Minister Ton...





Islam is a "death cult waging war to the world". It is a 1500 years old Arab nationalism and supremacism's plot against humanity that has always used - when allowed to - hypnosis and terror to achieve its evil goals 

Friday, 15 March 2013

Yiwu (Zhejian) Muslim community growing

Go to :

http://islaminchina.wordpress.com/2013/02/27/yiwu-is-the-fastest-growing-muslim-community-in-china/

After the outset of the Arab Spring Lybians and other Arabs flock to China and associate to local Hui and Uighur Muslims.

"Quite tolerant" so far, as they were in the West in the sixties and seventies. Wait they are numerous enough and they will start to withdraw within themselves, pressure, intimidate,  threaten and murder Buddhists, Taoists, Christians, Agnostics, Atheists, and all types  of Infidels, as their Holy Book makes a duty for them to do.


Wednesday, 13 March 2013

Arab and Muslim recent immigration to China.

See a 2007 Washington Post article on the subject at :

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/10/20/AR2007102000530_3.html

Saturday, 3 November 2012

On islam in Japan


Il y aurait entre 10 000 et 100 000 musulmans au Japon dont 10 000 converties suite à leur mariage avec un musulman. http://islamicmonitor.blogspot.com/2011/05/islam-and-muslims-in-japan.html


Un e-mail a circulé dernièrement suivant lequel le Japon se montre particulièrement peu accueillant
à l'égard des touristes, investissements et même des représentations diplomatiques des pays musulmans :

D'après un commentateur musulman, ce mail est biaisé dans la mesure où le Japon se montre peu accueillant à l'égard des étrangers en général. Exact. Ce mail est partial, insuffisamment documenté et simplificateur au point d'être souvent mensonger. Il n'empêche qu'il pose maladroitement  une question intéressante. Le critique musulman de ce mail reconnaît d'ailleurs que des attentats islamistes seraient plus difficile au Japon que dans d'autres régions du monde. Pourquoi, alors que le terrorisme islamiste affecte l'Occident, le Moyen-Orient, l'Inde et l'Asie du Sud, l'Afrique et même dans une moindre mesure, l'Australie et l'Amérique du Sud, affecte-t-il moins l'Asie du Sud-Est -  à l'exception du Sud de la Thaïlande - et l'Asie de l'Est , Vietnam, Chine, Japon, Corée ?  A cela il n'apporte pas de réponse alors pourtant que l'efficacité des services de sécurité japonais n'a pu empêcher l'attaque au gaz sarin de la secte syncrétique hindou-bouddhiste Aum en 1995.

Sa critique n'infirme pas ma théorie suivant laquelle les pays d'Extrême-Orient en se montrant extrêmement sélectif en matière d'investissement, d'immigration et d'influence culturelle, même si des nations non-musulmanes souffrent également de cette prudence, sont les seuls à s'être donnés les moyens de résister à l'expansion globale de l'islam qui, profitant là où il le peut de politiques ultra-libérales et les exploitant, accompagne et suit la « main d'oeuvre » et les capitaux.


La nouvelle suivant laquelle des milieux musulmans au Japon auraient été la cible d'enquêtes de la part de la police japonaise en 2008 (http://kavkazcenter.com/eng/content/2010/11/10/12798.shtml ) peut soit faire craindre que cette immunité relative soit menacée soit qu'effectivement le Japon et les Japonais sont sur leurs gardes, au point de frôler la paranoïa ce qui serait rassurant. Car comme disait Zarathoustra « Ce n'est pas parce que vous êtes parano, qu'ils ne sont pas vraiment en train d'essayer de vous avoir ». Et lorsqu'il s'agit de musulmans, ils sont toujours en train d'essayer de vous avoir.

Sheik Yer'Mami est cependant un peu inquiet : http://sheikyermami.com/2012/09/08/islam-in-japan/









http://islamicmonitor.blogspot.com/2011/05/islam-and-muslims-in-japan.html

Wednesday, 31 October 2012

Thaïlande, Laos. Qu'est-ce qu'une religion ?


Le 17 octobre 2012

Sur le train de nuit qui me mène de Bangkok à Nongkai et Vientiane

Je ne suis plus passé par Vientiane depuis la fin des années 90, venant en voiture louée de Luang Prabang en compagnie de Jeff et de son épouse indonésienne. J'entends et lis des avis contradictoires à propos de Vientiane : soit la ville change très vite, soit tout y est encore lent et poussiéreux comme il y a quinze ans. Hâte de me faire une opinion.

Imprudemment j'ai réservé et payé 10 jours à la Villa Sisavad, près du Wat Sisavad, Chantanabury

Le 18 octobre 2012

J'avais oublié que venant de la fraîche Luang Prabang, même au mois d'août, j'avais été désagréablement surpris de retrouver à partir de Vang Vien une touffeur semblable à celle de Bangkok ou de Saïgon.

Nous sommes en octobre et alors que Hanoï connaît sans doute des températures paradisiaques, le thermomètre dépasse encore ici les 30° entre 10 h du matin et 16 heures. On me rappelle qu'ici comme à Bangkok, il n'y a ni automne ni hiver. Rien qu'un léger fraîchissement en décembre et janvier.

Bilan de mon passage à Bangkok.

Content d'avoir revu Thierry et Sunisa. Rassemblé des infos sur les loyer des studios au mois dans la quartier de Sathorn : autour de 12 000 baths/mois toutes charges comprises HTVA. Mais re-découvre surtout qu'il me serait difficile de vivre dans une ville où la température descend rarement en dessous de zéro, aussi pratique soit-elle.

A part cela l'événement principal de ce séjour de 15 jours fut sans doute la rencontre de Hubert Mvogo, une connaissance de Thierry, jeune financier franco-congolais, intéressé par la philosophie. Après avoir débattu par e-mail du caractère « fasciste » ou non de l'islam, nous nous sommes rencontrés deux ou trois fois à l'Alliance et avons poursuivi nos échanges de vive voix.

Ci-dessous le mail que le lui ai envoyé après le dernier de ces échanges.

A Hubert sur la nature de la religion et des religions.


Nos récentes conversations me poussent à tenter de remettre de l'ordre dans mes idées concernant la réponse à la question « Qu'est-ce que la religion ? Qu'est-ce qu'une religion ? »

Si je tente d'y répondre généalogiquement par l'histoire, la psychologie et l'anthropologie, j'y verrai d'abord l'expression dès les débuts de l'humanité – et donc du langage et de la fonction symbolique – de l'émerveillement d'être en vie, partie et miroir, en même temps, de l'univers. Qu'il soit clair cependant que ni le concept ni le mot de « univers » n'existent à cette époque dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui. Le sentiment qui doit avoir alors prévalu est sans doute celui d'exister face à Quelque chose de vivant (animisme) qui me nourrit et auquel je retourne à la mort. Ce quelque chose correspond sans doute au Cela (ça) de l'hindouïsme des Oupanishads. C'est aussi sans doute ce « quelque chose », ce « ça » qui devint dieux dans les polythéismes divers puis Dieu dans le monothéisme.

Mais l'homme primitif, lieu originel de cet émerveillement n'est pas la monade, l'individu, tel que l'a par après conçu l'Occident. Il est d'emblée inséparable de sa famille, de son clan, de sa tribu.

D'emblée aussi cet émerveillement, cette extase, s'accompagne de la crainte, de la certitude de la mort qui met fin à l'extase. Afin de soulager cette crainte, l'homme va tenter de créer de l'espace pour ses projets, de faire reculer « le mur » existentiel de la mort qui bouche son horizon. Il va d'abord se projeter dans sa progéniture, sa famille, son clan.

La première religion sera sans doute le culte des ancêtres, religion de la famille, du clan, de la tribu, s'accompagnant du devoir moral d'engendrer. Cette première strate de la conscience religieuse est encore bien vivace dans les animismes d'Afrique et d'Asie ainsi que dans le taoïsme et le confucianisme chinois mais on en retrouve encore trace dans les religions « ethniques » ou nationales comme le judaïsme, et même dans les deux grandes religions universelles que sont le christianisme et l'islam dans la mesure où le mariage et la procréation y sont toujours encouragés mais au bénéfice cette fois de la survie et de l'expansion non plus tant d'un lignage, clan ou tribu, que de l'Eglise ou de l'Oumma musulmane.

Nous voyons donc que l'émotion religieuse individuelle est dès l'origine captée, détournée, aliénée par le groupe, lignage, clan, tribu, nation et plus tard religion transnationale organisée. De sentiment privé, l' émotion religieuse est très tôt devenue objet culturel ou sociologique.

*

Le bouddhisme sera le premier à analyser le phénomène religieux. Plutôt que religion, il est une psychologie débouchant sur une « science de la religion » et une « technique de guérison, ou 'libération' » visant d'emblée le bien-être ou la « non-souffrance » de l'individu par une forme d'auto-hypnose accompagnée, comme l'épicurisme, d'une éthique du contrôle des besoins et des désirs.

Pour recréer l'extase il va utiliser une des multiples techniques yogiques indiennes – méditation, dhyana, zen visant à se libérer de la crainte du futur et des regrets ou remords afin de vivre le moment présent - la développer tout en la séparant du contexte religieux de l'hindouïsme de son époque, le védisme. Il va nier l'existence d'une âme qu'elle soit universelle (Dieu ?) ou individuelle et va, comme un peu plus tard Epicure en Grèce - qui lui aussi faisait de la concentration dans le moment présent l'essentiel de l'ascèse matérialiste - réduire les dieux au statut de « créations de l'esprit humain à des fins de suggestion thérapeutique ».

Le Bouddha a bien compris que l'hypnose est un des ingrédients fondamentaux de toute religion, mais aussi de tout système politique autant que de tout système de « fidélisation » des clients. Mais il tente de mettre au service de l'analyse de soi et des phénomènes le très grand calme qui accompagne les premières phases de la méditation (samatha). Pour la première fois dans l'histoire, l'hypnose est détournée de l'utilisation qui a jusque-là toujours été la sienne, le contrôle des individus par le groupe, pour la mettre au service des individus eux-mêmes.

Les techniques d'induction de l'hypnose utilisées par le bouddhisme ressemblent fort à celles utilisées par les religions : concentration sur un point brillant ou coloré, sur une idée, une image, un mot, un vers poétique, le souffle respiratoire. La différence est que, dans le bouddhisme originel au moins, ces techniques, sont envisagées comme telles, ne sont pas associées à des métaphysiques ou à des récits eschatologiques ( narratives), impliquant une notion de « victoire finale » et ou de domination universelle. Le Canon pâli va jusqu'à prédire la disparition du bouddhisme, avant sa renaissance il est vrai. Et lorsque le mahayana envisage une mythique « fin de l'histoire » c'est sous la forme de l'illumination de tous les êtres vivants non sous celle de la victoire d'une organisation, d'un état ou d'un groupe d'états, fussent-ils bouddhistes.

Bien sûr les associations (sangha) bouddhistes solliciteront bientôt, que ce soit en Inde ou en Asie de l'Est ou du Sud-Est, la protection des états qui à leur tour les utiliseront pour atteindre leurs objectifs. Mais cela n'empêche que le bouddhisme reste foncièrement individualiste. Il n'y a pas de salut collectif qui soit le résultat automatique de l'adhésion à une doctrine ou à une organisation. Le salut est le fruit d'une ascèse individuelle méthodique, clairement distincte du contenu des doctrines élaborées au cours des âges par les différentes écoles du bouddhisme. Le bouddhisme est orthopraxie plutôt qu'orthodoxie.

*

La seconde grande religion qui tentera de transcender la famille, le clan, la tribu et la nation, sera le christianisme. Les Eglises – même orthodoxes, même protestantes – se veulent toutes « catholiques » c'est-à-dire « universelles ».

Le christianisme recourt moins aux techniques hypnotiques que le bouddhisme. Il vise à rassurer l'individu en souffrance non par l'identification à un groupe ethnique mais un type de suggestion émotionnelle l'assurant que Dieu l'aime personnellement comme pourrait le faire un père ou une mère. Le gage en est que Dieu se serait fait homme et serait mort pour le sauver. L'individu se projette ici non plus dans la perspective de la survie de sa progéniture ou de sa race mais dans celle de sa survie personnelle et de la victoire eschatologique de l'Eglise, assemblée des « enfants de Dieu » et la réalisation sur terre de la Cité de Dieu.

Le fidéisme chrétien et le caractère irrationnel de certains de ses dogmes provoquèrent en Occident à partir de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance une critique de la religion qui devait aboutir à un retour aux prémisses métaphysiques de l'antiquité, à un affaiblissement du rôle des Eglises dans les sociétés occidentales modernes et à différentes formes de sécularisme ou de laïcité. Les sociétés occidentales les plus sécularisées gardent cependant du christianisme son égalitarisme (ni caste, ni race dominante) et son souci d'un minimum de justice sociale.

*

Mahomet, représente au 6e siècle EC, le porte-parole de l'humiliation historiques des tribus arabophones polythéistes de l'Arabie. Initiateur de la dernière des religions universelles, il est remarquable en ce qu'il semble avoir parfaitement compris les mécanismes de l'hypnotisme et de la suggestion qu'il va mettre au service du nationalisme arabe (Le Coran est « une révélation en arabe pour les Arabes »). Plus l'objet hypnotique est simple, plus il est efficace. Les instruments de mobilisation de Mahomet sont

  1. une idée : l'unicité absolue de Dieu
  2. de cette idée un Arabe, lui-même, est le formulateur, en arabe pour les Arabes
  3. une invocation, un mantra « Allah Ouakhbar » qui est aussi cri de ralliement et cri de guerre destiné à intimider et terroriser l'adversaire (comme d'ailleurs le voile complet des femmes musulmanes).
  4. Le Coran, livre pas très long et d'une lecture assez facile si on le compare à la Bible, aux Védas hindous et au Canon bouddhique. Le Coran ne peut être interprété que par les arabophones.

Mais Mahomet à plusieurs points de vue a échoue à faire de l'islam l'instrument fédérateur qu'il voulait :

  • de la société arabe pré-islamique il garde la structure clanique endogame ; s'il tente de l'élargir aux dimensions de l'Eglise musulmane, l'Oumma, il réussit moins bien que le Judaïsme qui arriva à effectivement fédérer les Douze tribus issues de Jacob pour en faire un seul peuple, ou que l'Eglise catholique qui dès sa victoire à Rome au 4e siècle puis dans le Saint-Empire s'attaqua avec succès à l'endogamie de clan, ce qui aboutit à une société relativement intégrée malgré la survivance de la caste aristocratique. Les inconvénients de la structure clanique se manifestent jusqu'à nous jours dans les sociétés arabe, pachtoune et turque particulièrement par une hostilité endémiques entre clans et sectes pourtant musulmanes.
  • Il transpose dans les rapports inter-religions l'hostilité absolue et sans scrupule, ainsi que la mauvaise foi, qui marque les rapports entre clans ou tribus se disputant un même territoire ou une même ressource.
  • A l'époque de la globalisation et d'internet tout le monde peut lire le Coran sinon en arabe au moins dans plusieurs traductions. Un livre qui ne fut d'abord accessible qu'aux Arabes, lettrés ou non, aux musulmans lettrés turcs, pachtounes ou indiens est maintenant à la disposition de tous sur le site Lexilogos par exemple. Or ce livre comporte plusieurs dizaines de passages qui sont à notre époque extrêmement problématiques car exprimant une hostilité insultante et meurtrière à l'égard non seulement des Juifs et des chrétiens mais aussi des polythéistes, au rang desquels d'après les critères mêmes de l'islam, il faut placer un milliard d'hindous, plus d'un milliard de chinois, et sans doute encore plusieurs centaines de millions d'animistes répartis sur toute la planète que ce soit en Amérique du Sud, en Afrique ou dans les régions himalayennes d'Asie. Soit cinq ou six milliards de personnes. 

*

Il est peu probable que des sociétés qui envoient des vaisseaux spatiaux et des hommes dans l'espace se laissent intimider par l'islam et que l'avenir lui appartienne alors qu'au sein de ses oulémas existent encore des experts qui mettent en doute que l'homme ait marché sur le lune. Dans la société globale à venir, il est probable que, comme en Occident et comme en Chine, les religions seront de moins en moins considérées comme héréditaires, que les individus de plus en plus pourront choisir les conceptions métaphysiques, religieuses ou athées, qui leur conviennent, éventuellement en changer, en choisir plusieurs ou aucune.

Mais il existe un réel danger. Si à l'avenir suite à de trop grands écarts dans les niveaux d'éducation et de revenus des différentes catégories sociales, étant donné la très grande efficacité de la technique hypnotique de l'islam - croyance en un Dieu unique distinct de la nature, pratiques telles que la répétition perpétuelle du nom de Dieu, récitation de ses qualités, psalmodie envoûtante du Coran – associée à une idéologie sectaire et malveillante vis-à-vis de ce qui n'est pas elle, paranoïaque, faisant de chaque croyant le représentant de Dieu sur terre vis-à-vis de tout qui il considère comme infidèle, même s'il est musulman, les progrès de l'islam pourrait signifier non pas la « paix éternelle » qu'il prétend signifier mais un état endémique de troubles civils. Le danger serait alors que nos élites politiques soient tentées afin de sauvegarder la paix sociale et de maintenir l'ordre public de donner aux musulmans ce qu'ils exigent déjà - la charia – qui à terme contaminerait nos codes et nos coutumes et finirait par faire des non-musulmans des parias. L'aboutissement de ce processus serait une Europe qui ressemblerait au Moyen-Orient.

Bangkok, 14 octobre 2010

L'intérêt contemporain du modèle chinois, ou extrême-oriental, des "Trois Religions qui n'en font qu'Une" (cf post du 29.10.2012)   est aussi à mon sens le rôle qu'y joue la théorie confucianiste de l'Etat incarnation du Ciel (cf Hegel, l'état comme dernier avatar de l'Esprit).

Cette idée reste intéressante de nos jours, non pas dans le sens où la Chine acquerrait une position centrale dans la structure des relations internationales, réalisant ainsi sa « destinée manifeste » d'Empire du Milieux, mais dans celui où l'ONU serait investi du « mandat du ciel » qui légitimait les empereurs de Chine, fils du Ciel, aussi longtemps qu'ils s'acquittaient des devoirs de sa charge.

Dans cette conception - où s'il perd le pouvoir suite à une révolte populaire, sa défaite est elle-même le signe que le Ciel lui a retiré son mandat - le peuple est aussi contractant avec le Ciel et l'Empereur, avec le Ciel et l'Etat.

Une telle conception politico-religieuse de l'ONU, lieu de débat et de compromis, se situe évidemment à l'opposé de celle de l'islam où l'autorité découle exclusivement d'un Dieu hypothétique tel que conçu par un Arabe du 6e siècle CE, et dont le message à l'humanité – le Coran – délivré en arabe ne peut être interprété que par des oulémas parlant arabe.

Le « mandat du ciel » des confucianistes, comme le « contrat social » de Rousseau, ou l'Esprit de Hegel ont un caractère contractuel et évolutif. Le mandat du ciel peut être retiré à l'Empereur (ou au Parti communiste) si ces derniers le trahissent. Et c'est au peuple – ou dans le cadre onusien, à l'assemblée des nations – d'en décider en dernier recours. Les Chinois ont donc l'équivalent de notre « Vox populi, vox Dei ».

L'Etat a pour les Chinois un caractère sacré. Le sinologue belge Pierre Ryckmans disait d'ailleurs « la religion des Chinois, c'est la Chine ».

Une « sacralisation » de l'ONU, avec des rites, une liturgie – car tout pouvoir repose aussi sur des symboles et des apparences - ne serait-elle pas de nature à renforcer la capacité de résistance à la tentative de coup-d'état global de l'islam et de l'islamisme, utilisant aussi très habillement rites et croyances. Je me demande aussi si les Chinois ne commencent pas, dans le cadre du développement de leur « soft power », à chercher les moyens d'adapter à leur nouveau rôle global leur antiques conceptions politiques.

Jacques Huynen
Bangkok octobre 2012




*

Plutôt qu'un seul dieu

Un seul monde 

plein et fini

Un seul univers 

vide et infini







Ceci n'est pas une pipe inscrivait Magritte sous son oeuvre représentant une pipe

Le signifiant n'est pas le signifiant

Le signe n'est pas la chose

Le doigt qui pointe la lune n'est pas la lune

Dieu n'est pas l'infini innommable

Dieu n'est pas Dieu

Il n'y a pas de dieu ...

Leur Dieu est la dernière des idoles

Dont le vrai visage, meurtrier, sanguinaire, devient de plus en plus évident  ...


*


Les dix-mille choses – l'infinitude des phénomènes - ne font qu'un, ont dit des penseurs confucianistes et bouddhistes chinois

Tout effet est l'effet de plusieurs causes
Toute cause la cause de plusieurs effets









Samedi 20 octobre 2012


Je rencontre Annie K mercredi quasiment dès mon arrivée à la Villa Sisavad. Britannique excentrique et expansive, un peu masculine, la bonne cinquantaine mais se considérant encore comme « invicible », elle se présente comme « un-exploded war bombs expert ». Elle achève un PhD à l'Université de Greenwich, et  siège à la British Military Defense Academy. Nous finirons la soirée attablés à la terrasse d'un des restaurants de Tat Dam à nous restaurer d'une salade de canard arrosé de Merlot.

Sa grand-mère paternelle était thaï et son arrière-grand-père a conseillé le roi cartographe Mongkut.
Mais de ses ascendants thaï, il ne lui reste que des petits yeux légèrement bridés. Le sourire a laissé place à de grands éclats de rire, et l'effacement ou la discrétion féminine orientale à un féminisme sans complexe.

Tout cela combiné à une très large culture, pas seulement dans le domaine des bombes, en fait un personnage remarquable.

Elle est, me dit-elle, propriétaire d'une maison Av. Foch à Paris, d'une autre dans le Sud de la France et d'un bungalow dans le Sud thaï – et me dit que j'y suis le bienvenu - mais loue à la villa Sisavad une chambre à 13 $.

Hier soir, vendredi, comme Annie prépare un voyage dans le Sud et doit aller dormir tôt, je dîne seul en ville.

Le Chok Dee est un restaurant tenu par un Belge d'Arlon. Le vendredi il propose un plat belge. Aujourd'hui moules frites. Je choisis les moules au céléri et à l'estragon, arrosé de vin blanc. Déçu car il n'y a quasiment pas de légumes dans le brouet. Les céléris sont très chers au Laos s'excuse l'Arlonnais. J'aurais dû prendre les moules à la dijonnaise...

En fin de repas, conversation avec Christophe Bart, franco-suédois qui a été brièvement moine à Suan Mokh avant de se mettre en ménage avec une femme lao à Vientiane. Il me dit quue l'Asie de l'Est et du Sud-Est resteront imperméables à l'islam. Annie K pense par contre que l'islam est partout à l'offensive dans cette partie du monde également. Elle s'inquiète de voir des mosquées pousser "comme des champignons" dit-elle, au centre de la Thaïlande où pourtant il n'y avait jusqu'à présent jamais eu de minorités musulmanes. Elle attribue ce phénomène à un afflux d'immigrés indonésiens. Mais en ce domaine, je ne fais guère confiance à ses informations. D'après Wikipedia, indépendamment des minorités musulmanes anciennes, malaisiennes et chinoises (Chin-Hui) l'islam serait en progrès un peu partout dans le royaume, résultat d'une immigration récente de Rohyngyas birmans, de Cham cambodgiens ou vietnamiens, ainsi que d'Indiens et de Pakistanais. Il y aurait même une ancienne communauté chiite remontant au XVI siècle.

La Thaïlande semble aussi peu prudente par rapport à l'islam que nous l'avons été. Malgré le conflit dans les trois provinces du Sud, l'immigration en provenance de pays musulmans, les mariages et les conversions ne semblent faire l'objet d'aucune attention particulière. Il y aurait quelque 170 mosquées rien qu'à Bangkok sur plus de 3000 dans le pays, pour la plupart dans le Sud. Il n'est pas rare de voir un troupeau de  femmes complètement voilées aux abord du quartier chaud de Silom. A l'extrémité orientale  de Sukhumvit (Nana?), paraît-il,  les minarets poussent comme des champignons. Mais je n'ai pas eu le temps de le vérifier.

Il est vrai que le bouddhisme étant encore très vivace dans la plus grande partie du pays, le pays n'a pas baissé la garde sur ce terrain comme l'a fait l'Europe de l'Ouest. Attitude très différente donc de celle des Birmans. Suite aux troubles entre la minorité musulmane Rohingya et les Birmans dans l'état du Rakhin, la Birmanie vient de refuser la présence d'observateurs temporaires ou permanents de l'OCI sur son territoire (Voir Le Point du 15 octobre 2012. Pas cons les Birmans !


Dimanche 21 octobre 2012


Ce matin, passé par la petite mosquée Jamia, la plus ancienne (1972) des deux mosquées lao. Elle est située dans une ruelle parallèle au Square de la fontaine Namphoo.

Les premiers musulmans à fouler le sol lao furent sans doute des soldats maghrébins de l'armée française. Ils quittèrent les pays avec le Français. Après l'indépendance, arrivèrent des Chams du Cambodge et du Vietnam, des musulmans thaï et plus récemment sans doute des Pakistanais et des Tamouls, vivant de la restauration halal, au total entre 600 et 1000 âmes actuellement.

Venant de la rue Sethathirath, je m'engage dans dans la ruelle et ne tarde pas à apercevoir le bâtiment blanc et deux grêles minarets couronnés de bulbes verts. J'entends des voix venant de la mosquée. Lecture ? Discussion ? Dispute ? Je ne sais. Le quartier n'a pas l'air particulièrement musulman mais au fond de la ruelle, un cul de sac en fait, un jeune en short me signifie qu'on ne peut pas passer.

Rappelant l'islam on ne voit guère à Vientiane, le long de la rue Fa Gnum, que quelques faces d'allure indienne ou pakistanaise et bien sûr de rares touristes moyen-orientaux ou des Arabes d'Europe. Rien qui suggère une offensive que semble craindre Annie – aussi islamophobe que moi mais pour des raisons différentes, tenant à son féminisme militant.

Les tables branlantes sur la levée qui longeait le Mékong, où l'on servait encore de la Beer Lao au coucher du soleil sur le Mékong à la fin des années 90, tables pour lesquelles j'ai eu envie de repasser par ici, ont disparu il y a à peine un an, me dit Clément, Franco-laotien qui tient un salon de thé de la chaîne Sinouk. Les mafias chinoises et lao en ont eu raison. La levée herbeuse a été aplanie, on y a fait passer une route - sans doute destinée à devenir une voie rapide - bordée d'un parc il est vrai ... Les cafés et restaurants de la rue Fa Gnum n'y ont plus accès. Tout cela ressemble de plus en plus à la Thaïlande.

*

Flash back Hai Shan sur la Chine, son avenir (Tibet, Taiwan, Japon , Mer de Chine du sud et du nord), ONU etc.

Hai Shan approuve mon plan de faire de l'ONU le détenteur du Mandat du Ciel, et de lui rendre un culte, comme on rendait un culte à l'Empereur de Chine. Mais il suggère que l'on déménage son siège sur une île du Pacifique ou de l'Atlantique. Je suggère les Açores.

Quand lui rappelant que 40 % des investissements étrangers en Chine pop proviennent de Taïwan j'évoque les perspectives d'organisation d'élections multi-partis (PC, Kuomingtan et Libéraux démocrates taïwanais) simultanées à Taïwan et sur le continent, avec candidats du PC à Taïwan et candidats des partiw taïwanais sur le continent), il sourit d'un air rêveur mais ne me contredit pas.

Même réaction quand je remarque que, si la Chine veut garder les USA à l'extérieur de sa zone d'influence, elle devrait traiter ses voisins en alliés et non en vassaux.

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Au nord du Patuxay, arc de triomphe de style lao bâti entre 1957 et 1968 en mémoire des victimes de la Guerre d'indépendance contre la France, le Gong de la Paix offert par le World Peace Committee, association indonésienne pour la paix mondiale fondée après l'attentat de Bali en 2002. Vingt-six pays, ont accepté un de ces Perdamaian Dunia. Celui de Vientiane a été inauguré en 2008. Il porte les symboles de toutes les religions, y compris la roue du dharma, la croix et l'étoile de David. Laisse un peu rêveur lorsque l'on connaît les insultes et malédictions dont sont l'objet les juifs, les chrétiens et les polythéistes dans le Coran. Alors que bien sûr l'islam, dernière des religions universelles, est complètement ignoré par les textes sacrés de ces religions qui le précèdent de plusieurs siècles.  

Pékin, Luoyang, Xi'an. La Chine, défenseur de la foi ?


Le 21 septembre 2012

Pour ceux qu'intéressent les inquiétudes de l'Inde relativement aux probables régime de faveur consentis par le Népal aux investissements chinois :


Compléments et bémols au mail des 19 et 20 septembre.

Pour donner un peu de contexte à l'optimisme du réceptionniste de l'Alley Garden Hotel – appelons-le Xavier - reflétant sans doute celui de beaucoup de Chinois, je voudrais donner les précisions et faits suivant :

Les Hui sont présents en Chine depuis un millier d'année et sont majoritaires au Ningxia qui bénéficie comme la Mongolie et le Tibet du statut de région autonome. Ce sont les descendants de commerçants arabes ayant épousé des femmes han. Ils ont souvent un peu de poil au menton. S'il est vrai que dans l'Est, où ils représentent de très petites minorités, on les remarque peu, je sais qu'au Ningxia et dans d'autres régions de l'Ouest (Gansu, Qinghai) des tensions entre Hui et Han se manifestent assez régulièrement.

Kaïfeng représente dans l'Est un cas assez particulier. On y vit s'installer au cours du premier millénaire des commerçants juifs dont une partie des descendants se convertit à l'islam. Ces musulmans-là ne sont ni Hui ni Ouïghours – musulmans turcs du Xinjiang ou Turkestan chinois. Je suis allé dans ce qui est supposé être le quartier de ces juifs et musulmans mais n'y ai vu ni turban, ni calotte, ni femmes voilée, ni jihab ni niqab, rien qui évoque le judaïsme ou l'islam si ce n'est deux boucheries arborant une bannière noire portant en dessous de caractères chinois des caractères arabes. Une boucherie halal/kosher sans doute. Et un ou deux regards noirs à mon passage, alors qu'en général les Chinois sont plutôt souriants et même marrants.

Pour rappel la Chine est beaucoup moins tolérante avec les Ouïghours du Turkestan qu'avec les Hui, qui sont chinois et sinophones depuis plus d'un millier d'années. Les Ouïghours en effet réclament, comme les Tibétains, un état autonome. La méfiance de la Chine envers les Ouïghours n'est donc pas fondée sur des motifs religieux mais bien politiques. Elle est de même nature que celle qu'elle manifeste envers les Tibétains ou même Taïwan. C'est l'intégrité du territoire national qui est ici en jeu, non la crainte d'infiltration d'une « troisième colonne ».

Mais, bien que je ne l'espère pas, si les Chinois permettent au wahabisme de mener la même politique de subventionnement à leurs minorités que la majorité des états occidentaux leur a consenti au bénéfice des immigrés je crois que l'optimisme de la Chine ne fera pas long feu. Il est dans la nature de l'islam de tenter de s'imposer aux sociétés sédentaires, ou à défaut de s'y infiltrer avant de les réduire à la conversion ou à l'esclavage (dhimmi).

Le danger serait que la Chine, aveuglée comme nous l'avons été par notre arrogance, typique des vieilles et puissantes civilisation, ne voie pas venir le danger et ne se protège pas des stratégies habituelles aux sociétés segmentaires, parmi lesquelles l'hypergamie (qui permet aux hommes d'épouser une femme d'autres clans, tribus, castes ou religions mais refuse ce droits à leurs femmes, à qui il est ainsi interdit de sortir de leur caste d'origine) et la grande prolificité, aboutissant à une démographie incontrôlée, se fondant entre autre sur un statut défavorable de la femme.

Un moyen de contenir l'islam chinois serait de commencer par ne pas leur permettre, pas plus qu'aux Han, d'avoir plus d'un enfant et si cela ne suffisait pas, d'interdire aux musulmans d'épouser des femmes qui ne sont pas nées musulmanes.

Revenant d'avoir visité les Temples du Ciel, du Soleil, de la Lune et de la Terre, où le culte n'est plus célébré depuis la victoire du communisme, j'avais dit à Xavier trouver regrettable que ces rituels aient disparu. Comme je lui disais qu'il faudrait que le Président de la République recommence à sacrifier aux astres chaque année comme le faisait jadis l'Empereur, il me regarde un peu narquois et précise : pas « sacrifier », mais faire une cérémonie, réciter des poèmes et offrir de l'encens.

« La religion est l'opium du peuple » disait Marx. Mais sans cet opium, il semble que les peuples ne puissent ni vivre ni survivre et conserver leur identité. Sans un opium de cette sorte, l'espèce humaine en imaginant qu'elle soit un jour intégrée, dans le cadre de l'ONU devenu Etat universel, dans le meilleur des cas, pourrait-elle survivre ? En attendant, les civilisations qui se détournent de leurs religions traditionnelles sans fournir de « produit de substitution » le font au risque de se voir infiltrées puis détruites par des idéologies religieuses d'autant plus hypnotiques qu'elles sont simplificatrices comme l'est l'islam. C'est en fait la découverte majeure de Mahomet : plus c'est simple et brutal, mieux ça marche.

Le bouddhisme, qui n'est pas une religion à proprement parler – les entités suprêmes n'y sont pas des dieux mais des entités abstraites ou des états d'esprit, le Nirvâna, le Vide - utilise cependant certains des outils des religions – l'efficacité des symboles mais aussi l'hypnose - est un des premiers à l'avoir compris. Il représente en quelque sorte la méthadone de ces drogues dures que sont les religions monothéistes.

Si on considère qu'il y a en Chine quelque 300 millions de bouddhistes, un quart de sa population, cela en fait le premier pays bouddhiste du monde. Elle commence d'ailleurs à chercher, encore maladroitement, à utiliser cette donnée dans la cadre de sa recherche de voies d'affirmation d'un « soft power » - pouvoir d'influence, culturel et idéologique. Dans ce domaine, en dehors de son art millénaire, de sa langue et de sa littérature – difficile d'accès pour les non-chinois – la Chine a peu à exporter. Ni le taoïsme, ni le confucianisme, ni le communisme chinois ne peuvent être envisagés comme des produits d'exportation idéologiques. Ces idéologies sont trop spécifiquement chinoises et aussi peu susceptibles de s'acclimater en dehors de Chine que ne l'est l'hindouïsme, et ses castes, en dehors de l'Inde. Le bouddhisme par contre a derrière lui une longue histoire d'adaptation dans des environnements complètement différents de celui de ses origines.

La mode du zen japonais en Occident a peut-être joué un rôle non-négligeable dans la promotion des produits de ce pays en Occident depuis la fin de la Deuxième guerre. Pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas exporter ses nombreuses écoles de bouddhisme ? Et se posant en tant que Dharmapala (défenseur de la foi)  protéger comme il conviendrait les lieux saints bouddhistes en Inde et au Népal. 

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Je passe, pour ne pas lasser le lecteur, à des sujets plus légers.

Pékin. Au premier abord, venant de l'aéroport, même par grand beau temps comme le jour de mon arrivée, la ville semble un peu grise : océan de HLMs de béton. Mais propreté impeccable, circulation assez fluide et disciplinée, qui contrastent favorablement avec l'océan d'ordures et l'anarchie de la circulation dans les grandes villes de l'Inde, du Népal ou de Sri Lanka que j'ai surtout fréquentées ces sept dernières années. Plus de discipline aussi qu'au Vietnam où je suis encore passé en 2010.

Mais dès que l'on a dépassé la Second Ring Road (deuxième ceinture) pour entrer dans ce qui fut la Vieille Ville, l'environnement devient très agréable. Comme au Japon, larges avenues commerçantes bordées d'arbres, se coupant à angles droit, et entre lesquelles on trouvent des « hutongs » qui comme les « cho » à Tokyo contrastent par le calme presque rural qui y règne. Alors que je lui parle de ce contraste que l'on observe dans plusieurs pays d'Asie entre la vie des grandes artères et celle des « quartiers », William qui n'en connaît guère que Pékin, semble ne pas comprendre. Nous venons de manger dans un restaurant dai (minorité de la région de Dali) qui se trouve justement dans un hutong et en sortons pour nous diriger vers la grande avenue qui mène de Baixing à la Drum Tower quand un chant de coq, triomphal, éclate soudain dans une cour voisine. Je le regarde et nous éclatons de rire. Il a compris de quoi je voulais parler.


Des tours aussi bien sûr, mais entrecoupées de bâtiments et monuments anciens, d'espaces verts, d'élégantes avenues bordées de petits commerces et de restaurants. Les amateurs de vieilleries ont beaucoup regretté la destruction en vue des Jeux Olympiques de nombreux hutong (quartiers de maisons traditionnelles - si hé yuan - d'un étage organisées autour d'une cour intérieure et abritant souvent plusieurs générations d'une même famille étendue). Les mêmes ironisent sur la reconstruction à l'identique de certains de ces quartiers dans des endroits différents en matériaux plus récents. Je ne suis pas certain que ces reconstitutions ne vieilliront pas bien. Par ailleurs les anciens hutong qui ont échappé à la pelleteuse reviennent à la mode. Les propriétaires les restaurent et les ré-occupent, les exploitent – commerces d'art, galeries, restaurants, salons de thé - ou les revendent de plus en plus cher. Le Alley Garden Hotel où je logeais entre dans cette dernière catégorie.



Luoyang, le 23 septembre 2012

Arrivé hier de Kaifeng, avec détour par Shaolin.

A Kaifeng, je logeais à l'Auberge de Jeunesse de YinBinLu, que je ne peux trop recommander. Les auberges de jeunesse (YHA) représentent sans doute en Chine le meilleur rapport qualité/prix que l'étranger au budget limité puisse y trouver. L'accueil est très amical, le personnel parle anglais mais se prête volontiers à enseigner les rudiments du chinois à qui le désire. Sur la carte, des déjeuners et quelques plats occidentaux. Pour 120 yuan une chambre plus que correcte et un environnement amical et très pratique – 200 m d'un magasin offrant vins européens et chinois (Changyu) de qualité et 300 m du seul endroit de Kaifeng où l'on trouve un café digne de ce nom.

A proximité, j'ai visité le temple taoïste de Yanqing - où j'observe à la dérobée ce qui semble être une séance d'exorcisme ou de psychothérapie de groupe où dans une espèce de transe sans doute induite les gens expriment leurs problèmes en présence de gens du voisinages – ainsi que le très beau site attenant, millénaire, de la Préfecture sur la rive du lac. Dans le Nord-Ouest de la ville parcouru le Pavillon du Dragon (Longting Park) , sur le site du Palais impérial des Song du Nord. Mais, c'est le Dai Xiangguo également proche de l'hôtel de jeunesse qui m'a le plus intéressé. Ce monastère comme celui de Shaolin, remonte au 5e EC et donc à la seconde vague de l'expansion du bouddhisme en Chine, coïncidant à peu près avec l'émergence du ch'an/zen. Je suis donc bien dans cette partie de la Chine où le bouddhisme a vraiment pris son premier essor entre les débuts de l'ère chrétienne et le 5e EC.

Deux heures de voyage entre Kaifeng et Shaolin. Nous sommes quelque 500 km plus vers l'ouest dans cette partie de la Chine qui représente le "Milieu de l'Empire du Milieu". C'est ici dans ce paysage de plaines, de plaines alluviales et de collines limoneuses qu'est née la Chine il y a quelque 4000 ans. Mais à mesure que nous progressons vers l'Ouest le climat devient plus continental donc plus chaud.

Comme je suis prévenu, je ne suis pas trop déçu par l'aspect de foire populaire qu'a pris ce lieu où Bodhidharma a sans doute vécu, qui a vu les débuts du bouddhisme chinois ch'an, ancêtre du zen japonais, et certainement les début des arts martiaux bouddhistes et chinois (kung fu). Un peu l'impression à l'arrivée de me trouver dans une espèce de Lourdes chinois.

Après avoir trouvé à consigner ma valisette et mon sac, je me lance sur la piste qui mène à l'ancien monastère à proprement parler dont je crains qu'il ne reste pas grand chose car on m'a dit que Shaolin n'est plus qu'une vaste école de kung fu gérée par l'état et le PC chinois. Plusieurs milliers d'étudiants, chinois et étrangers, s'y forment à la discipline initiée, prétend la tradition, par Bodhidharma lui-même. En chemin vers le monastère, j'entrevois d'ailleurs derrière les arbres des bâtiments assez gris, et décrépis qui ont l'air plus l'air de de casernes que d'installations monastiques. C'est sans doute là que sont hébergés les élèves.

Après 45' de marche j'arrive au monastère, dont la première édification remonte au 5e EC. Les bâtiments actuels ne remontent qu'au 14e- 15e siècle, donc aux Ming tardifs ou aux premiers Ching.
Ils n'en sont pas moins encore très impressionnants. Et contrairement à ma crainte nous ne sommes pas accueilli par des cerbères du PC mais par de vrais moines. Il y a en a donc encore. Le grand nombre de touristes n'empêche pas l'endroit - enfilade de cours escaladant les flancs de la colline, consacrées à des incarnations de plus en plus raffinées de la bouddhéité, la dernière étant Samanthabadhra, si je me rappelle bien, et chacune de ces cours dominée par un pavillon monumental à toit s'incurvant aux extrémités - .de produire une impression puissante. J'en arrive à pardonner aux moines, un peu transformés il est vrai en boutiquiers, embusqués qu'ils sont dans leurs échoppes à chacun des niveaux du site, à tenter de fourguer leur camelote au croyant.

Mais ce sont, doit m'apprendre un de leurs élèves Ougandais et francophone, d'authentiques moines dont plusieurs pratiquent aussi le kung fu de Shaolin et certains l'enseignent.

Avec Shaolin, je continue donc ce pèlerinage longtemps reporté, depuis l'époque où en 1981, plus de 30 ans, le professeur Shi nous guidait dans la traduction du chinois des Biographies de moines illustres, et j'entendis pour la première fois mentionner le nom de Luoyang et celui du Monastère du Cheval Blanc, premier monastère bouddhiste en Chine, que je vais visiter après-demain.

Entre Kaifeng et Luoyang, vu deux mosquées flambant neuves dans cette partie de la Chine pourtant assez éloignée des régions où les Hui sont majoritaires ou représentent d'importantes minorités.

Luoyang, mardi 25 septembre 2012

Arrivé samedi 22 en fin d'après-midi, et passé les deux premiers jours à trouver mes repères – banques, restaurants, magasins, espaces pour la marche post-prandiale , exercice indispensable à la gestion de mon diabète - aux alentours de l'auberge de jeunesse sur West Zonghzhou Lu à côté de l'église.

Luoyang est située au centre de ce qui fut sans doute le berceau le plus ancien de la civilisation chinoise puisqu'à proximité du site de Er Li Tou où furent identifiés des restes de ce qui fut sans doute la plus ancienne « dynastie », celle des Xia (2200-1700) antérieure même à celle des Shang (1700-1100) dont le centre se trouve plus à l'Est du Henan, à Anyang. Les Xia, encore à moitié mythologique succèdent immédiatement aux souverains archétypaux, partie génies, partie héros, partie dieux à composante animale (boeufs ou dragons) liés aux inventions fondatrice de la civilisation, pêche, chasse, élevage, agriculture et écriture : la déesse Nügua, tête humaine et queue de dragon créa l'homme à partir d'argile ; Fuxi, son époux, également mi-humain mi-dragon fut le premier chasseur, pêcheur et éleveur. Le dieu à tête de boeuf Shennong fonda l'agriculture et la pharmacopée végétale. Le Premier empereur archétypal Huang Di inventa la poterie, le calendrier les bateaux et les armures ; Shun inventa le pinceau avant d'abdiquer en faveur de Yu premier empereur Xia.

Dimanche visité le musée de la vie populaire locale (retrouver le nom exact) et les quelques rues anciennes ou reconstituées juste derrière l'hôtel et parallèlement à West Zhongzhou. Marquée par deux portes anciennes au niveau d'anciennes fortifications et de douves cette rue rectiligne courant d'Est en Ouest est tout ce qui reste de ce site urbain probablement quadri ou tri-millénaire. Les seuls vestiges réellement préservés sont la Pagode du Cheval Blanc et le petit monastère voisin de Qiyun (69 EC) – actuellement une « nonnerie » - où résidèrent les premiers missionnaires bouddhistes en Inde, Kasypa Matanga (She Mo Teng) et Dharmaraksha (vers 64-69) traducteurs ou compilateurs du Soutra en 42 sections qui représente la première oeuvre de la littérature bouddhiste chinoise. Le Parthe (Iranien) An Shi Gao, y arriva en 148 EC. Ce premier traducteur mentionné comme tel par les sources chinoises est un sarvastivâdin, il traduit surtout des passages d'oeuvres sanscrites portant sur les doctrines fondamentales du bouddhisme, sur la méditation et l'abhidharma. Mais aucun texte mahâyâna. Peu après lui un laïc, également parthe, appelé An Xuan traduisit avec l'aide du Chinois Yan Fotiao le texte mahāyāna Ugraparipṛcchā-sūtra (en chinois Fajing jing, Taishō no. 322) vers 181 EC.

Trois siècles donc - alors que mahayana et theravada n'étaient pas encore clairement distincts - avant le célèbre Kumarajiva (344-313, mort à Chang'an/Xi'an, et qui de sarvastivadin devint madhyamaka) premier traducteur important de textes sanscrits vers le chinois et cinq siècles avant le moine voyageur, importateur d'écritures sanscrites et traducteur, Xuan Zang (Luoyang c. 596/602 – Chang'an/ Xi'an 664).

Un peu d'émotion en repensant à mon vieux maître le professeur Shi, à l'Université catholique de Louvain, de qui j'ai entendu pour la première fois tous ces noms de lieu et de personnages célèbres. Me rappelle aussi son anti-cléricalisme sans complexe, qualifiant d'ayatollah  les professeurs de l'Institut de théologie – qui contrôlait quand même un peu le contenu des cours de l'Institut orientaliste. « Sale curé ! » l'entendis-je un jour exploser.

Agréablement surpris de voir qu'une partie du domaine de la Pagode est consacrée au « bouddhisme international » et que des temples de style thaï, malay et indien (2007) y ont déjà été édifiés. Ce dernier bâti en un pierre rose (granit?) combine de manière assez réussie une conception globalement moderne avec des élément stylistiques de Sanchi. Il est le fruit d'une initiative de Atal Bihari Vajpayee lorsque Premier indien en 2004 venu s'incliner sur les tombes de deux missionaires indiens Kasyapa Matanga (ShiMoTeng) et Dharmaraksha (Zhu Fa Lan) traducteurs ou compilateurs du Soutra en 42 sections, premier texte de la littérature bouddhiste chinoise.

Les photos d'un abbé assez jeune encore, flanqué bien sûr d'officiels du régime, en compagnie de diplomates et personnalités étrangères, me font penser que contrairement à ma crainte le régime est conscient du rôle que la Chine peut jouer dans la défense et illustration d'un bouddhisme global.

Xi'an le 27 septembre 2012

Le lendemain de mon arrivée à Luoyang, alors que j'étais attablé devant mon petit dej, je vois un jeune en costume de football qui à peine entré me fixe d'un air interrogateur. Il se dirige vers moi et me demande s'il peut s'asseoir. J'acquiesce.

Je devais le retrouver chaque jour pendant cinq jours deux heures de préparation à son examen d'anglais en octobre. Il insiste aussi pour accompagner ma promenade post-prandiale du soir au cours de laquelle nous parlons à bâtons rompus. Il me raconte sa vie et m'interroge sur la mienne. D'abord un peu surpris, comme je n'ai pas grand-chose d'autre à faire de mes soirées et que ce jeune de 21 ans m'étonne non seulement par son culot et son énergie mais par sa culture et son intelligence, je me laisse prendre à son jeu.

Haishan est originaire de la ville historique de Quanzhou au Fujian, face à Taïwan, à l'extrémité orientale de la Route de la Soie, me dit-il. Il fait un baccalauréat en anglais/histoire à l'Université de Luoyang.

Je suis un peu sur mes gardes car le gars n'est pas timide et je sais que beaucoup de jeunes Chinois, comme de Vietnamiens, cherchent à s'expatrier et que tous les moyens sont bons pour arriver à leur fins, y compris le charme, les sentiments ou l'intimidation. Il essaie effectivement un peu des trois mais avec tellement de doigté, d'habileté et finalement de gentillesse et d'intelligence que j'entre dans son jeu sans toutefois m'y laisser prendre. Il ne mentionne d'ailleurs qu'il serait prêt à étudier en Belgique que le dernier jour, la veille de mon départ.

Lorsqu'il m'accompagnera le 27 au matin à la gare de Luoyang pour m'aider à prendre le train rapide (2 heures au lieu de six, vitesse moyenne 200 km/heure) je sais beaucoup de lui : son père ne l'a guère marqué, il doit beaucoup à sa mère, institutrice, il n'aime pas le communisme, s'intéresse surtout à l'histoire, à la littérature, à la philosophie, à l'économie et à la politique, sans être nul en sciences et en maths, et a de grands projets ....

De moi il a assez compris pour m'avoir dit la veille au cours de notre dernière promenade nocturne : «  in fact, you are an old beatnik , like Steve Jobs», car il a aussi lu On the Road de Jack Kerouac, sait d'où viennent les bouddhistes occidentaux et qu'ils n'ont pas grand-chose à voir avec les bouddhistes asiatiques. Il sait même qui est Epicure. Lui-même se définit comme athée ...

J'aime son pragmatisme confinant au cynisme. A la fin du modeste repas que nous partageons dans un restau du quartier la veille de mon départ, comme je sors ma seringue pour m'injecter ma dose d'insuline, sans prendre la peine d'aller au toilettes – il n'y a pas grand monde dans le restau et personne ne me remarque – et lui dis « de toute manière la plupart des gens sont aveugles, ils ne voient du réel que ce qu'ils désirent ou ce qui le effraie », il me commente hilare «  si t 'étais une belle fille il t'auraient vu ». Un peu plus tard, comme nous marchons vers l'hôtel, il s'arrête et me demande

  • Do you think I am handsome ? 
  • You all right » réponds-je, après l'avoir considéré de haut en bas.
  • You must have been all right too when you were younger », ajoute-t-il, aimable.

Non content d'être intelligent, beau et beau-parleur, il est bon au foot et joue de la guitare. Les filles lui courent après, me confie-t-il. C'est pour cela qu'il vit à l'hôtel plutôt qu'à l'université. Sinon, il ne pourrait pas travailler ...

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Le mardi 25, j'ai visité le célèbre site de Longmen. Indépendamment des grottes et du superbe Vairocana qui domine la rive ouest de la rivière Yi, l'environnement est grandiose et superbement aménagé et je commence à me dire que les guides de voyage et les bouddhistes occidentaux sont trop sévères vis-à-vis de la Chine communiste et de l'utilisation, il est vrai un rien trop commerciale, je l'admets, de sa tradition bouddhiste. Après tout, je n'ai jamais vu La Mecque, mais ce n'est pas pire que Rome et c'est sans doute mieux que Lourdes.

Beaucoup aimé aussi le monastère de Xiangshan sur la rive Est, où l'on peut aussi visiter la superbe maison où eut lieu en 1939 une réunion présidée par Jiang Jieshi (Chiang Kaishek) au cours de laquelle fut décidée la stratégie visant à déloger les forces maoïstes du Nord-Ouest (Shaanxi, Gansu, Ningxia) alors que plusieurs de ses généraux travaillaient déjà avec les communistes. Beaucoup aimé le Bouddha polychrome du 17e siècle qui siège dans le temple.

Xi'an

L'après-midi même de mon arrivée après un lunch léger et une courte sieste je visite la fameuse Dayan Pagoda – Wild Goose Pagoda/ Pagode de l'Oie Sauvage – où furent entreposées les écritures en sanscrit et autres langues indiennes ramenée de l'Inde par Xuan Zang au 7e siècle..

Le 28 septembre 2012

Excellent petit déjeuner et premier relevé de mon courrier électronique grâce au réseau du King Coffee. Puis je prends le bus K609 en direction du quartier musulman situé derrière la Drum Tower. Je me rends compte que cette ligne passe à proximité de la Small Wild Goose Pagoda (Xiaoyan Da) où sont entreposées des écritures sanscrites rapportées par des voyageurs postérieurs ( 8e siècle EC) à Xuan Zang et où vécut le traducteur Yi Jing, également de cette époque relativement tardive.

Visite aussi le superbe musée moderne attenant à la pagode. Collection de pièces de jade et d'or mais surtout de buddhas remontant au tout début de la pénétration du bouddhisme dans la région, venant du Gansu, du Qinghai et du Turkestan chinois. Emu de voir la progression de ce premier art bouddhiste chinois depuis ses débuts à l'époque des Jin et des Wei, art encore rudimentaire et naïf mais marqué de la sincérité et de l'enthousiasme de ces premiers croyants qui comme les bouddhistes occidentaux sans doute trouvaient surtout dans cette foi nouvelle - qu'ils ne comprenaient que partiellement, et même erronément - ce qu'ils y cherchaient et en retenaient sans doute surtout la technique de la méditation et bizarrement la croyance en une âme et en une survie, fût-ce sur la forme de la transmigration. Dans cette culture encore marquée par l'animisme chaque individu a simultanément plusieurs « âmes » et les seules formes de survie individuelle, dans le sens où nous l'entendons, envisagées jusque-là était la survie biologique qu'implique la procréation – d'où sa sacralisation et le culte des ancêtres. Avec le bouddhisme, le débat sur l'existence d'une âme individuelle – âtman – que le bouddhisme indien résout d'ailleurs par la négation de l'âme (anâtman) entre dans la conscience chinoise. Paradoxalement, à l'occasion de ce débat, c'est surtout la découverte du concept d'âme qui va retenir l'attention des Chinois, et le bouddhisme chinois des débuts favorisera l'idée d'une âme qui transmigre ainsi que celui d'une « conscience universelle ». Alors que, paradoxalement encore, ce qui dans le bouddhisme intéresse surtout les Occidentaux est son athéisme et sans négation d'une âme individuelle « substantielle » et éternelle.

En bref, les vagues successives d'expansion du bouddhisme, en Chine d'abord, en Occident ensuite, reposent sur des malentendus, parfois savamment entretenus par les propagateurs de la foi, l'essentiel étant sans doute pour eux, en harmonie avec le pragmatisme du Bouddha, de pratiquer la méditation.

Pour revenir à l'art bouddhiste chinois, on le voit ensuite évoluer à l'époque des Zhou et des Qin postérieurs puis des Sui pour se raffiner alors qu'il pénètre l'aristocratie, puis sombrer dans le maniérisme avec les Tangs puis les Song.

On trouve déjà à Xi'an ou aux alentours des pagodes représentant toutes les sectes qui vont proliférer au cours des siècles suivants et constituer l'arbre du « bouddhisme chinois », bouddhisme nouveau, très différent du bouddhisme indien des origines, et qui va marquer tous les pays satellites de la Chine avant de marquer également le bouddhisme occidental quelque 2 000 ans plus tard.

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Je me dirige ensuite vers la Drum Tower qui marque le centre de la ville ancienne, au nord-est duquel se trouve le quartier musulman et la grande mosquée, remontant elle aussi au 7e siècle EC.
Je m'y aventure après une salade de poulet, frites au Mac Donald qui en barre l'entrée.

Quelques femmes portant hijab, et des restaurants visiblement halal. Pas mal de touristes occidentaux ou du Moyen-Orient aussi. Ne trouvant pas la grande mosquée, je m'adresse à un groupe de touristes hollandais dont la guide – chinoise – me dit de les suivre. Je suis donc le drapeau hollandais en échangeant quelques mots avec des Limbourgeois, peut-être des parents puisque mes ancêtres paternels viennent de la région de Maastricht. Ayant trouvé la mosquée, je les remercie et explore seul l'endroit.

Je dois reconnaître que mes dispositions ne sont pas bienveillantes. Je remarque que le minaret, de style chinois comme d'ailleurs tout l'ensemble architectural, jardins, bains et salle de prière – interdite aux infidèles – est très court et trapu. Sans doute les dynasties – Tang, Song, Yuan, Ming et la dernière, Ching, sous laquelle la mosquée fut reconstruite, veillèrent-t-il toujours à ce que le priapisme propre à cette religion ne puisse trop ouvertement se développer.

Le guide chinois d'un autre groupe, composé d'Allemands, me dit que les musulmans chinois lisent le Coran et prient en arabe et en chinois. Allah se dit également « allah » en chinois.

Globalement l'ambiance du quartier sans être agressive ou tendue n'est pas particulièrement chaleureuse et sachant ce que je voulais savoir, je quitte l'endroit sans regret.

Pour la première fois depuis mon arrivée en Chine, le 12 septembre, les soirées commencent à fraîchir. Nous sommes il est vrai à quelque 1500 km de la côte au centre de la Chine historique, beaucoup plus continental que Pékin, et les montagnes de l'Ouest sont relativement proches.

Les chats chinois dédaignent-ils le lait ? J'ai eu beau insister auprès de l'un d'eux pour qu'il accepte un godet de lait reçu dans un café. Rien n'y fit ... J'en conclus que les Chinois, qu'ils soients hommes ou chats, n'aiment pas le lait et les produits laitiers. Le réceptioniste du Jano Belgian Guesthouse, sous les remparts sud de la vielle ville, près de Nan Men donc, me dit que les chats chinois aiment en général le lait. Ce chat-là, insiste-t-il, ne l'aime pas.